Maxime Drouet

Né en 1980 à Épinay-sur-Seine, Maxime Drouet grandit dans la banlieue nord. Il connaît une pratique intensive du graffiti pendant les années 2000 sous le nom de Mank. Peu friand des murs ou des terrains vagues, son support de prédilection est le train, source d’adrénaline sans limites. Mais il est arrêté en plein (en)vol en 2011, et condamné à payer une lourde amende. Car la vie est souvent faite de rencontres et de paradoxes, c’est son avocat qui le met sur d’autres rails, menant aux lieux d’exposition et au marché de l’art. Celui qui a Wild Child tatoué dans le dos, a du potentiel ; de son passé, il se fera vite un avenir.


Le moment charnière se produit en 2013 quand il édite lui-même son livre, Matière Grise. Hommage aux « Petits Gris », ces fameux trains des années 60, alors symbole de modernité, qui commencent à disparaître au début des années 2010. Témoin de cette passion dévorante pour le graffiti et pour le patrimoine ferroviaire, Matière Grise est salué par la scène graffiti et connait un vif succès. C’est suite à cette publication que Maxime Drouet décide de donner une seconde vie à sa créativité, marquée par une forte ténacité et une vraie vision artistique.

Son paradigme est double, à l’image de sa passion qui mêle intrinsèquement le graffiti et le train. Le whole-car (le fait de peindre toute la surface du train et de composer une œuvre peinte avec son nom) est le fondement d’un travail conceptuel plus large. Adoubées par Martha Cooper, celle qu’il nomme la Sainte-Mère, ses œuvres sont marquées par une dualité permanente, sa démarche reposant sur le fait qu’il est à la fois acteur et spectateur.

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Quand Maxime Drouet peint un train et en extrait une vitre de wagon, il morcèle son œuvre peinte et ses peintures deviennent abstraites. En effet, quand il retire une vitre ou prend une photographie depuis le wagon, son graff n’est plus ni visible ni lisible. Tout est en cela très impertinent et met à mal le langage très codé du graffiti. La lettre est déconstruite, le graffiti est morcelé, mis à mort.

Son vocabulaire plastique est constitué de couches de peintures, de giclées, de coulures ; une matière peinte qui occulte le plus souvent totalement la surface de la vitre. Maxime Drouet est fasciné par la dualité existante entre intérieur et extérieur. Le point de vue de l’intérieur est traditionnellement celui de l’usager du train, celui auquel le graffeur ne pense pas quand il peint, celui qui voit tout ça d’un mauvais œil, et qui nomme cet acte vandalisme. C’est ce qu’il met en avant quand il monte les vitres qu’il a récupéré dans des caissons de fibres de verre et rétroéclairé. La lumière artificielle ainsi générée récrée la lumière extérieur du train et en révèle toutes les subtilités. 

 

C’est cette mise hors contexte du graffiti sur train qui permet ainsi de réifier le graffiti-même et de générer une démarche artistique et une approche plastique. Au-delà de la dualité entre acteur et spectateur, Cette démarche artistique est-elle donc une approche empathique ?

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